Paris : la centrifugeuse sociale tourne à plein régime

  • Publié le
  • Rédigé par
  • Actualités
  • Commentaire 0
La hausse des prix dans la capitale française pousse les classes moyennes hors de la ville. Et la tendance touche désormais la petite couronne.
Accueil / Actualités / Paris : la centrifugeuse sociale tourne à plein régime

L’expression remonte aux grands travaux menés par Georges Eugène Haussmann, dans les années 1850, à Paris. À l’époque, les rues étroites et tortueuses sont remplacées par de grands axes clairs et aérés. Conséquence immédiate : les loyers explosent et les ouvriers sont précipités en périphérie de la ville. C’est ce que l’on a appelé la centrifugeuse sociale.

165 ans plus tard, elle ne s’est pas arrêtée. Pire, à l’image de l’expansion de l’univers, elle s’est accélérée sur les 20 dernières années. Et ce n’est pas la métropole du Grand Paris qui va arranger les choses. Au contraire, en créant des gares hyper-dévellopées destinées à être des poumons et carrefours économiques, les populations modestes vont être forcées de s’exiler dans les zones abandonnées, dans les interstices situées entre ces zones riches.

La petite couronne aussi

Quant à Paris intramuros, le mécanisme est toujours à l’oeuvre. En 10 ans, la valeur du mètre carré a augmenté de 50%. Les salaires n’ont malheureusement pas suivis la même courbe. Seuls les habitants aux revenus déjà aisés ont la capacité de rester dans la capitale. En 2015, 63% des acheteurs d’appartements anciens étaient des cadres ou des dirigeants d’entreprise, alors qu’ils n’étaient que 48% en 2005. Les ouvriers, eux, ne sont plus que 7% à investir dans Paris, et les professions intermédiaires, 21%.

Et la centrifugeuse sociale étend ses forces. Dans les trois départements formant la petite couronne, Seine-Saint-Denis, Hauts-de-Seine et Val-de-Marne, la part des cadres et des patrons y investissant représente 43%, contre 32% en 2005. Au détriment des autres strates. Le mécanisme mis en place par Haussmann il y a 165 ans continue de tourner. De plus en plus vite.

Pas de commentaire