Les élus locaux déclarent la guerre à Airbnb

D'ici quelques jours Paris et Bordeaux voteront l'obligation pour les propriétaires bailleurs utilisant Airbnb de s'enregistrer afin de pouvoir contrôler les abus. Ou comment les élus locaux tentent de se défendre face au géant airbnb...

les élus luttent conte la fraude locative

Depuis le mois d’avril, un décret permet à onze grandes villes françaises et aux communes de la petite couronne parisienne d’imposer un numéro d’enregistrement aux loueurs. L’idée? Initiée par la loi sur le numérique, c’est un peu la dernière étape d’un dispositif visant à offrir aux maires les moyens de lutter face au succès envahissant de Airbnb.

Les villes doublement armées?

D’ici quelques jours, Paris et Bordeaux voteront l’obligation pour les loueurs de s’enregistrer à partir de janvier 2018 : le but avoué est clairement de démasquer les bailleurs qui dépassent la limite de 120 jours de location par an, limite permise sous statut non professionnel. Il faut dire que certaines villes sont clairement intoxiquéEs par le succès d’Airbnb. A Bordeaux par exemple, il n’est pas rare de voir des immeubles entiers achetés par des investisseurs afin d’en faire des locations de meublés à l’année… Les plateforme de location seront dans l’obligation d’afficher ce Graal sur chaque annonce afin de bloquer les fraudeurs. Une équipe de contrôleurs va par ailleurs vérifier manuellement que les particuliers ne dépassent pas le quota de jours de location. Ce sera bien-sûr aussi le moyen de collecter la taxe de séjour auprès des loueurs : une recette qui fait clairement concurrence déloyale aux professionnels du tourisme.

Airbnb contre-attaque

Du côté des plateformes de location c’est un peu la panique, car dès l’année prochaine elles devront collecter cette somme afin de la reverser aux collectivités locales. Or les communes pratiquant la taxe de séjours ont voté des taux divers… Reste donc à officialiser les chiffres avant de mettre le décret en application. Il faut dire que si Airbnb rencontre un tel succès, c’est certainement aussi grâce à la facilité d’utilisation offerte aux propriétaires. Ces derniers ne seront-ils pas découragés par les démarches à accomplir? N’est-ce pas là le but inavoué du décret en question?
Depuis plusieurs mois, Airbnb tente de se protéger de la colère des élus locaux en nouant certains partenariats comme à Paris par exemple où la plateforme collecte la taxe de séjour depuis 2015. La capitale a reçu 5.3 millions d’euros de la part d’Airbnb sur un total de 69 millions de taxe de séjour… Une expérience qui créé la convoitise. Ceci-étant fait Airbnb entend négocier avec les élus leur renoncement aux numéros d’enregistrement afin de procéder elle-même au blocage des fraudeurs qui dépasseraient la limite des 120 jours de location. « Nos utilisateurs apprécient la simplicité de notre système, l’enregistrement sera inefficace et leur imposera des démarches compliquées et coûteuses pour les collectivités », fait valoir un porte-parole du groupe. Quelques villes sont d’ores et déjà convaincues comme Londres ou encore Amsterdam, en France cela reste encore sans réponse. Anne Hidalgo a par ailleurs confirmé qu’un accord ne serait pas trouvé et que l’enregistrement serait bel et bien voté en juillet afin d’être appliqué en janvier 2018.

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