Blanchiment d’argent : l’immobilier trop laxiste

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Tracfin, la cellule antiblanchiment de Bercy, rappelle à l’ordre les agents immobiliers. Ils ne déclareraient pas assez les doutes ou les malversations dont ils sont témoins.

Aujourd’hui, les professionnels transmettent aux autorités compétentes leurs doutes, via une “déclaration de soupçon”. Un projet de loi prévoit de donner à Tracfin le pouvoir de faire l’inverse, a savoir partager leurs informations aux agents immobiliers, banques et autres professionnels financiers, ce qui n’est pas le cas actuellement. Et si les acteurs de l’immobilier sont particulièrement visés dans une étude, c’est que, sur les 38 000 déclarations de soupçons émises en 2014, la très grande majorité venait des banques, d’établissements de paiements et des assureurs. En moyenne, les agents immobiliers n’en transmettent qu’une trentaine par an.

De quoi contrarier la Commission nationale des Sanctions, créée il y a trois ans. Cette dernière a le pouvoir de punir les agents faisant preuve de peu de zèle, jusqu’à 5 millions d’euros d’amende. D’où la publication de l’étude pointant du doigt le manque d’implication des agents immobiliers.

L’immobilier se mobilise

Au delà des traditionnels atermoiements d’un secteur soumis à une nouvelle loi, les agents immobiliers se plaignent de mesures inapplicables au quotidien. Préférant cajoler les richissimes clients pour ne pas les froisser ou les perdre, tout simplement, un devoir de discrétion s’est répandu dans la profession.

Pour autant, certaines agences et certains agents prennent le problème très au sérieux. Les formations se multiplient pour reconnaître les signes suspects et sur les procédures à mettre en oeuvre en cas de doute. La simple recherche à partir du patronyme ne suffit plus. Mais ces recherches prennent du temps et demandent, surtout, des moyens. Que la nouvelle loi devrait apporter début mars.

Crédit photo : Miriam Doerr Martin Frommherz / Shutterstock.

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