Immobilier : est-ce risqué d’acheter avant les élections ?

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S’inquiétant de la montée du Front National dans les sondages, certaines banques étrangères conseillent à leurs clients de revendre leur dette française. L’élection présidentielle à venir et son résultat auront-ils un impact sur le marché immobilier ? Même si les indicateurs sont au vert après une année 2016 record, vendre ou acheter avant les élections est-il risqué ?
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Plusieurs experts du secteur tablent sur une augmentation du nombre de transactions immobilières en 2017 avec une hausse évaluée à + 5%. Le réseau d’agences immobilières Laforêt (700 agences) mise sur un premier semestre prometteur, soulignant notamment le renforcement des capacités financières des Français (+26% depuis 2012). Ce pouvoir d’achat en augmentation, le succès du Prêt à Taux Zéro associé à la faiblesse des taux de crédit immobilier (-0,78% en un an) ont contribué à une conjoncture économique favorable aux achats immobiliers. En 2016, le nombre de ménages ayant pu acheter leur logement a augmenté de 7,6% en 2016 par rapport en 2015. Les ventes immobilières ont atteint un seuil record en 2016 avec 845 000 transactions enregistrées.

Des investisseurs plus attentistes ?

Néanmoins, l’échéance électorale décisive à venir avec l’élection présidentielle, organisée en avril et mai, pourrait entraîner un ralentissement des transactions immobilières, les investisseurs préférant attendre la fin des élections pour prendre des décisions en matière d’immobilier, qu’il s’agisse de vendre ou d’acheter.

Lors des dernières élections présidentielles de 2012, les investisseurs étaient prudents, voire frileux à investir avant les élections. Une étude réalisée en amont de ces élections de 2012 par l’institut TNS-Sofres dénotait que 19% des Français préféraient attendre que les élections soient passées pour avoir plus de visibilité sur l’évolution du marché immobilier. À l’époque, seules 37% des personnes questionnées jugeaient le moment opportun pour un projet immobilier. Même si le projet de loi de Finances 2016 a déjà confirmé la prorogation de certaines lois de défiscalisation immobilière comme la loi Pinel ou la loi Censi-Bouvard, les investisseurs peuvent redouter que le nouveau président de la République prenne des orientations différentes lors de son arrivée au pouvoir.

Des banques plus frileuses

Au-delà des taux des crédits immobiliers, stagnants à la fin de l’année 2016, voire orientés vers une légère hausse, l’attitude des banques aura un impact direct sur les crédits immobiliers et donc l’activité du secteur. Si on ne peut que faire des hypothèses sur le comportement des acheteurs, une tendance est déjà observée du côté des banques. Les derniers chiffres de la Banque de France montrent que 33 milliards d’euros de crédits à l’habitat ont été accordés en décembre, le chiffre devrait être sensiblement similaire en janvier. En position de force, les banques ont le loisir de devenir plus exigeantes. Alors que les demandes de crédits immobiliers battent leur plein, les banques redeviennent ultra-sélectives dans l’octroi de leurs prêts, privilégiant les particuliers aisés.

Cette frilosité révèle également leur inquiétude quant au résultat des prochaines élections, d’autant que la campagne est ponctuée de rebondissements de taille, comme l’a montré la victoire de Benoît Hamon ou l’affaire du Pénélope gate. Au niveau mondial, à l’image de l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, il est évident que les changements politiques ont des conséquences sur les indicateurs économiques. Les principales places boursières ont de suite réagi négativement à son élection, les acteurs économiques se montrant sceptiques à l’égard du programme économique du nouveau président. Attentistes, les banques françaises vont sans doute jouer la prudence dans les mois à venir, évitant de prendre de risques, même si elles n’ont pas d’intérêt à briser la dynamique positive du marché du logement.

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