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Louer son logement en cryptomonnaie : quid de l’encadrement des loyers ?

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Fin avril, Stéphane Boukris, président d'Excelsior, a mis en location un appartement de 60 m² situé au cœur de Paris pour ... 1 ether par mois ! Si rien n'empêche le propriétaire de louer son bien en cryptomonnaie, la somme demandée, équivalant à près de 2 700 € en ce début mai, pose tout de même question. En effet, à Paris, l'encadrement des loyers est en vigueur et il n'est pas possible de fixer librement le montant du loyer de son bien. Explications.
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Louer son bien en cryptomonnaie, c’est possible !

Vous vous demandez s’il est possible de régler le montant de votre loyer en cryptomonnaie ? La réponse est oui ! Les annonces offrant cette possibilité sont néanmoins assez peu nombreuses sur le marché actuellement. Dernièrement, Stéphane Boukris, Président de la société Excelsior, spécialisée dans le conseil sur le metavers, le recrutement dans le numérique, ainsi que les événements digitaux, a fait parler de lui en postant justement une annonce de ce type.

« C’est pas avec tes cryptos-monnaies que tu vas payer ton loyer » … Et pourquoi pas ?

Voici comment Stéphane Boukris a débuté le post de son annonce de location sur Linkedin. Ainsi, pour occuper son bien de 60 m² situé Porte de la Muette, dans le 16ème arrondissement de Paris, et disposant également de 13m² de terrasse, le futur locataire devra s’acquitter d’un loyer de … 1 ether chaque mois. L’idée de ce coup de comm étant, pour Stéphane Boukris, de « montrer qu’on peut louer un logement en cryptomonnaie », car « environ 10 % des Français disposent de cyrptomonnaies » à ce jour.

Si le bitcoin est la cryptomonnaie la plus connue du grand public, le coin ether, de la blockchain Ethereum, le talonne cependant de près. Début mai, 1 ether équivalait à 2 697 €. Si le montant du loyer peut donc paraître élevé pour cette location, il n’est néanmoins pas interdit par la loi puisqu’il est tout à fait possible de se faire payer son loyer en cryptomonnaie.

Si Stéphane Boukris est un des premiers à faire une telle proposition en France, d’autres lui ont déjà ouvert la voie. Au Royaume-Uni, Mashroom, plateforme de gestion locative nouvelle génération, avait également fait parler d’elle en proposant aux utilisateurs de régler leurs loyers en cryptomonnaies (bitcoin ou ether). Les agents immobiliers s’étaient insurgés à l’époque, dénonçant un coup marketing opéré par la société, exposant les locataires aux fluctuations des cours des cryptos, et par conséquent, pouvant entraîner des frais supplémentaires pour ces derniers. Si la remarque a également été faite à Stéphane Boukris, ce dernier se défend en proposant tout simplement à ses locataires, en cas de hausse de la valeur de l’ether, de régler leurs loyers à l’avance, afin que ces derniers ne soient pas pénalisés.

Paiement en cryptomonnaie : comment respecter l’encadrement des loyers ?

Si la valeur d’un ether pose question en ce qui concerne sa potentielle fluctuation à la hausse, c’est également le cas, dès à présent, en ce qui concerne la politique d’encadrement des loyers à laquelle est soumise la ville de Paris.

En effet, même si rien n’interdit à un propriétaire de louer son bien en cryptomonnaies, celui-ci est soumis, comme tout bien en location, à l’encadrement des loyers en vigueur, qui doit d’ailleurs apparaître sur l’offre de location. Pour autant, la loi n’a encore rien prévu concernant les cryptomonnaies. En ce début mai, un ether équivaut donc à un peu moins de 2 700 €, soit près de 45 € du m² pour un logement en faisant 60. Si l’on se réfère à l’arrêté préfectoral d’Île-de-France, pour un tel bien, dans le secteur de La Muette, le montant maximal du loyer qu’un propriétaire peut demander est de 33 € du m². Le loyer d’1 ether, demandé par Stéphane Boukris, sort donc du cadre légal. Le propriétaire se justifie cependant :

«J’ai pris 1 ether, car ce cours fait référence et qu’un cours inférieur aurait été moins viral. Mais je suis prêt à le réviser à la baisse pour être en corrélation avec le marché et à rembourser le trop-perçu en cas de dépassement du plafond. Mais si on lisse l’évolution du loyer dans le temps, sur 6 mois par exemple, je ne suis pas sûr que l’encadrement ne soit pas respecté.»

Ainsi, pour se conformer à la loi, le loyer demandé par Stéphane Bourkis devrait plutôt se rapprocher des 0,7 ether. Cependant, le taux fluctuant sans cesse, un coup à la hausse, un coup à la baisse, le propriétaire pourrait en tirer profit, tout autant que le locataire pourrait, lui, en tirer avantage. Afin de rassurer les futurs potentiels locataires, Stéphane Boukris assure donc qu’il précisera bien les conditions liées à ce paiement inédit dans le bail de location.

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