Les Français changent plus souvent de logements qu’avant

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Faites-vous même le calcul. A votre âge, combien de fois avez-vous déjà changé de logement? Et vos parents au même âge, avaient-ils été autant mobiles ? Aujourd’hui, en France environ 7,5% des personnes âgées de 15 à 59 ans déménagent hors de leur commune par an, contre 5,8%, il y a 30 ans. De nombreux changements dans la société expliquent cette évolution qui a aussi ses conséquences sur le marché de l’immobilier.
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Le constat

Des Français plus mobiles que dans les années 80. D’après une récente étude de Thomas Sigaud, chercheur en sociologie au  Centre d’Etudes de l’Emploi, qui se base sur les derniers chiffres de l’Insee, “La mobilité résidentielle intercommunale atteint son minimum en 1984 : seulement 5,8% des individus de 15 à 59 ans ont alors changé de commune, soit 1,8 millions de mobiles […] En 2011, 11,9% des individus âgés entre 15 et 59 ans ont changé de logement au cours de l’année écoulée, soit 4,2 millions d’individus”. Des données qui varient selon l’âge des populations. Naturellement les personnes jeunes ont tendance à être plus mobiles, tandis que les retraités sont plus sédentaires. Ainsi, 51% des 18-29 ans avaient déménagé au cours des deux dernières années d’après une enquête Sofres, réalisée en mars 2011. Alors que 59% des plus de 65 ans vivent dans le même logement depuis plus de 20 ans. Cette hausse du nombre de changement de logements en 30 ans trouve racine dans une mutation de la société.

Les explications

Les facteurs qui peuvent expliquer cette hausse de la mobilité résidentielle sont variés. L’évolution de la famille peut être une première explication. Avec l’augmentation du nombre de divorce et de séparation, le nombre de ménages augmente. D’ailleurs les familles monoparentales sont les plus mobiles. Plus une famille compte peu de membre, moins il est difficile pour elle de déménager – à condition d’en avoir les moyen. Selon l’Insee, “les ménages de une, deux ou trois personnes affichent des taux de mobilité de l’ordre de 36 %. Les ménages de type « famille monoparentale sont les plus mobiles : 44 % d’entre elles ont déménagé en quatre ans.” L’allongement de la durée d’étude joue également sur la mobilité ainsi que la vie professionnelle. D’après l’étude du Crédoc, “la mobilité est beaucoup plus importante, chez les diplômés du supérieur que parmi les non-diplômés”. Il y a plusieurs raisons qui expliquent ce phénomène : “les diplômés sont en moyenne mieux rémunérés, ils peuvent donc mieux supporter les coûts liés à un déménagement”. Les diplômés sont généralement placés aux postes d’encadrement et d’organisation, ils sont amenés à suivre les mouvements de leurs entreprises. Il faut ajouter que l’âge joue aussi un rôle déterminant dans les déménagements.  “Car les générations les plus anciennes sont, en moyenne, nettement moins diplômées que les jeunes générations. À l’effet de diplôme s’ajoute donc un effet d’âge, les seniors étant beaucoup moins mobiles que leurs cadets.” Thomas Sigaud,  chercheur en sociologie au  Centre d’Etudes de l’Emploi, fait remarquer dans sa thèse intitulée “Mobilités résidentielles et professionnelles des  salariés en France : entreprises, marchés et territoires, une articulation en tension”, “la mobilité résidentielle apparaît comme étant très liée à la conjoncture économique”. Au moment des débuts de la crise économique en France “la mobilité intercommunale est brutalement passée de 8,1 à 7,5% entre 2008 et 2009”, soit une baisse de 283 000 du nombre de personnes à changer de logement. Une conséquence qui peut paraître logique. Plus la santé économique du pays est bonne, plus ses habitants sont mobiles sur le territoire.

Les conséquences sur le marché immobilier

Ces évolutions sociétales ne sont pas sans conséquences sur le marché de l’immobilier. Yankel Fijalkow, sociologue auteur du livre “Sociologie du logement” explique un facteur de tension. “En France, on construit 340 000 logements par an, alors que 340 000 ménages se créent chaque année. Il s’agit de jeunes qui quittent le domicile de leurs parents, de jeunes couples qui s’installent ensemble, de divorcés ou d’immigrés. Cette équation révèle un équilibre qui ne permet pas de répondre au mal-logement. Il est donc important de créer des logements”. Le manque de logements est d’ailleurs un frein important à la mobilité, notamment lorsqu’il s’agit de logements sociaux. “Le logement social avait, dans les années 70-80, un rôle de transition, aujourd’hui c’est un refuge”, ajoute Yankel Fijalkow. Ce manque de logements, accentué par cette hausse de la mobilité, résidentielle devrait inciter les investisseurs à soutenir la création de logements neufs, notamment en bénéficiant des dispositifs gouvernementaux comme la loi Pinel.

Beaucoup de Français aimeraient changer de logements mais les coûts élevés de certains biens immobilier aussi bien à la location qu’à l’achat les freinent. L’étude du Credoc vient confirmer cette tendance. “Le parc de logements locatifs – qui répond le mieux aux besoins de logement temporaire – diminue petit à petit depuis une cinquantaine d’années, mais les niveaux de loyers atteints dans le parc privé découragent bien souvent la population de déménager.” La récente loi Pinel tend à enrayer ce phénomène, avec un volet social dans son dispositif, en plafonnant les ressources et les loyers. Le gouvernement semble avoir pris la mesure du chantier qui l’attend pour relancer la construction de logements neufs en France. Le Président de la République avait fixé un objectif de 500 000 logements construits par an pour pallier le déficit. Condition sine qua non pour que le parcours résidentiel des ménages en 2015 devienne plus fluide.

mobilité résidentielle                                                                           >Extrait du site : centre observation société

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